Simplifier l'islam pour les francophones
2 Février 2013
Projet de loi sur « le mariage pour tous »
Au nom de Dieu le Clément le Miséricordieux,
Je vous salue tous par le salut de l’islam : Assalamou Alaikoum …
Que la paix et la grâce de Dieu soit sur chacun d’entre.
Je m’adresse à vous aujourd’hui en tant que citoyen inquiet de l’avenir de son pays.
Liés par notre foi ou non, nous sommes frères en l’humanité, c’est pourquoi nous devons êtres ensemble pour défendre les valeurs humaines, le bien commun, le respect de la vie et la création.
Nous partageons les inquiétudes actuels, avec nos frères en humanité quelque soit leur convictions.
L’homme est un vicaire (Khalifa), un agent de Dieu sur terre, dans tous les domaines et pour toute la création. La terre est à sa disposition, il en est responsable. Il doit l’embellir, la partager, la préserver et la sauvegarder pour les générations à venir. Il ne doit pas y semer le désordre et la corruption.
La filiation, la lignée, le lien du sang et de la famille font partie des intégrités majeures que l’humanité a su garder depuis toujours. Il est de notre responsabilité humaine de les sauvegarder et de les transmettre. Le Coran nous dit : « il parcourt la terre pour y semer le désordre en saccageant la culture et la postérité (filiation). Et Dieu n'aime pas le désordre! » Coran 2/205. Cela signifie que le début de la vraie corruption sur terre commence quand l’homme, suivant ses passions et sa perversité, commence à s’attaquer à l’origine de la vie : la semence et la filiation.
Le mariage est l’union entre un homme et une femme fondée sur le consentement mutuel en vu d'établir une famille légale, durable et stable. C’est la conception humaine, la conception juive, la conception chrétienne et la conception musulmane du mariage. Il s’agit là d’une évidence… Nous sommes dans une époque où même les évidences doivent être rappelées.
« Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent. » Coran 30/21
Ce mariage est une valeur naturelle et immuable, elle ne dépend ni de l’évolution de la société, ni des circonstances politiques ou économiques.
A l’instar des autres livres saints, le Coran condamne l’homosexualité, il le fait explicitement et sans ambigüité, par conséquence les musulmans la considèrent comme contradictoire avec leurs valeurs morales. Cependant ne pas adhérer à une pratique ne signifie pas stigmatiser, rejeter ou mépriser une partie de nos concitoyens. Nous faisons la différence entre l’acte moralement blâmable et la personne qui le commet. Le musulman ne juge pas l’homme mais l’acte.
Le projet de loi, s’il vient à passer, va irrémédiablement et dangereusement bouleverser les structures familiales, sociales, ainsi que le Code civil. Il va avoir des conséquences néfastes sur l’avenir de notre société et de notre humanité.
Nos enfants ne sont pas des objets d'expériences et la famille n'est pas un jeu.
Cette loi est présentée comme une loi pour parachever l'égalité or faire un parallèle entre l’égalité pour endiguer l’injustice est une manifestation soit d’idiotie, soit d’hypocrisie, soit des deux.
Argumenter le soi-disant mariage des homosexuels par le fait qu’il n’enlève rien l’institution qu’est le Mariage est une aberration. Le mariage des homosexuels donnera la possibilité d’adopter des enfants ou les concevoir dans l’avenir, créera inévitablement d’ici quelques décennies une société d’individus déracinés, déstructurés, déformés.
Le Mariage n’est pas une institution de la République, il est une Institution naturelle de la Société, et pour nous croyants une volonté divine. Le Mariage a toujours existé, y compris avant la République. La République, comme toutes les autorités de part le monde, l’a encadré pour le protéger. L’étendre aujourd’hui contre sa propre nature c’est déstructurer la société. Toute cette entreprise est exclusivement électoraliste et idéologique. Elle n’est en rien dans l’intérêt général. C’est là la vraie hypocrisie et le véritable égoïsme.
Ce n’est pas parce qu’on a le pouvoir, fut-il obtenu de manière légale, qu’on a le droit d’imposer à la société ce qui est en contradiction avec sa nature-même.
Nos valeurs morales ne sont pas compatibles avec une légalisation par le lien du mariage de l’homosexualité. C’est l’opinion largement majoritaire de toutes les spiritualités et de toutes les religions et l’islam ne fait pas exception.
Il est de notre devoir de s’opposer à cette proposition de loi et d’œuvrer pour qu’elle soit retirée.
Le prophète Mohamed compare la société à un bateau partagé par plusieurs groupes de personnes, si l’un des groupes voulait faire une brèche sur le bateau, même en ayant une bonne intention, les autres devraient l’empêcher de le faire. C’est là un devoir qui incombe à tous les groupes. S’ils ne le font pas le bateau coule et entraine avec lui tous les groupes et toute la société. S’ils le font ils seront tous sauvés.
« O hommes! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. Le plus noble d'entre vous, auprès de Dieu, est le plus pieux. Dieu est certes Omniscient et Grand Connaisseur. » Coran 49/13
J’implore le Seigneur de préserver notre société, de nous guider tous vers ce qui est bien pour nous et pour les futures générations, nous Lui demandons de soutenir nos efforts pour établir la fraternité, la justice et l’amour entre tous les humains.
Et je vous offre l’invocation prophétique « Seigneur, je me plains auprès de Toi de la faiblesse de mes forces, de la petitesse de mes moyens et de la légèreté de ma personne auprès des gens. O Plus Miséricordieux de tous les miséricordieux ! Tu es le Seigneur des opprimés et Tu es Mon Seigneur. Tant qu’il n’y a pas colère de Ta part sur moi, je n’en ferais point cas. Mais une préservation de Ta part est toujours plus agréable. Je demande protection auprès de la lumière de Ton Visage, par laquelle s’illuminent les ténèbres et s’arrange l’affaire d’ici-bas et de l’Au-delà, contre Ta colère qui descendrait. Tu mérites la repentance jusqu’à ce que tu sois satisfait. Il n’y a de force, ni de puissance si ce n’est de Toi. »