Le blog de l'imam Abdallah (France)

Simplifier l'islam pour les francophones

Equilibre entre la vie de ce bas monde et la vie future

Dieu nous a enseigné une invocation globale et immense lorsqu’Il dit : « Seigneur, accorde-nous une belle part ici-bas et une belle part dans l’au-delà, et protège-nous du châtiment du Feu. »

Ce n’est pas seulement une invocation, mais une vision équilibrée de la vie. Elle nous apprend que le vrai croyant recherche l’équilibre et la droiture dans tous les aspects de son existence.

Le bien d’ici-bas comprend : une épouse vertueuse, un enfant pieux, une subsistance licite, la santé et le bien-être, un savoir utile, un cœur apaisé et une vie sereine.

Quant au bien dans l’au-delà, c’est l’agrément de Dieu, le salut du Feu et l’entrée au Paradis.

Le croyant ne cherche pas uniquement ce bas monde, car il ne comble pas l’âme. Il ne cherche pas non plus l’au-delà en négligeant les causes, mais il demande à son Seigneur tout le bien, tout en agissant avec les moyens, sachant que la grâce appartient à Dieu seul.

L’être humain est esprit et corps : il ne sert à rien de nourrir le corps en négligeant l’âme.

  • À quoi sert de réussir dans ce monde si l’on perd son au-delà ?
  • À quoi sert de réussir à accumuler de l’argent en perdant le licite et la tranquillité de la conscience ?
  • À quoi sert de réussir à atteindre une position élevée en perdant la justice et les droits des autres ?
  • À quoi sert de réussir dans ses études ou sa carrière en perdant l’honnêteté et la crédibilité ?
  • À quoi sert de réussir dans la célébrité en perdant ses principes et ses valeurs ?
  • À quoi sert de réussir dans son travail et d’amasser de l’argent en perdant sa spiritualité, ses relations et sa santé ?

« L’au-delà est meilleur et plus durable. »

Dieu dit : « Recherche, à travers ce que Dieu t’a donné, la demeure dernière, et n’oublie pas ta part de ce monde. »

Autrement dit, fais de tout ce que Dieu t’a accordé — richesse, savoir, santé, force et temps — un moyen d’atteindre l’au-delà.

  • Celui à qui Dieu a donné de l’argent doit en faire une source de charité et de bienfaisance.
  • Celui à qui Dieu a donné du savoir doit l’enseigner et en faire profiter les autres.
  • Celui à qui Dieu a donné une position doit y établir la justice.
  • Celui à qui Dieu a donné la santé doit l’utiliser dans l’obéissance.
  • Celui à qui Dieu a donné du temps doit le remplir de ce qui plaît à Dieu.

Dieu n’a pas dit d’abandonner totalement ce monde, mais : « n’oublie pas ta part de ce monde », car l’islam est une religion d’équilibre : il n’y a ni monachisme ni rupture avec la vie, mais il est demandé que ce monde ne soit pas dans le cœur, seulement dans la main, et que le cœur soit attaché à Dieu et à l’au-delà.

Le Prophète (paix et salut sur lui) a expliqué la vraie nature du bonheur : « Celui dont la préoccupation est l’au-delà, Dieu met sa richesse dans son cœur, rassemble ses affaires, et le monde vient à lui malgré lui. Et celui dont la préoccupation est ce monde, Dieu place sa pauvreté devant ses yeux, disperse ses affaires, et il ne reçoit de ce monde que ce qui lui a été destiné. »

Méditez ce hadith : Celui qui vise l’au-delà devient riche intérieurement, même avec peu, satisfait et apaisé. Dieu bénit sa vie, son temps, sa famille et son travail. Et ce monde vient à lui sans humiliation ni attachement excessif.

Mais celui qui ne vise que ce monde vit pauvre, même s’il possède des millions, car la vraie pauvreté est celle du cœur. Il vit dans l’inquiétude, compare sans cesse et ne trouve jamais la satisfaction.

Le Prophète disait aussi : « Ô Dieu, ne fais pas de ce monde notre plus grande préoccupation ni la limite de notre savoir. »

Celui qui délaisse quelque chose pour Dieu, Dieu le remplace par quelque chose de meilleur.

Le chemin vers l’au-delà demande effort, patience et renoncement au péché. Les pieux ont constaté cette règle : « Celui qui abandonne quelque chose pour Dieu, Dieu le lui remplace par meilleur. »

  • Celui qui abandonne un gain illicite, Dieu lui ouvre des portes de subsistance licite et bénie.
  • Celui qui abandonne une relation interdite, Dieu purifie son cœur et peut lui accorder un meilleur conjoint.
  • Celui qui abandonne de mauvaises fréquentations, Dieu lui accorde de bons compagnons.
  • Celui qui détourne son regard de l’interdit, Dieu lui accorde lumière et douceur dans l’adoration.
  • Celui qui renonce à la vengeance malgré sa capacité, Dieu l’honore.
  • Celui qui abandonne l’orgueil par humilité, Dieu l’élève.

Que personne ne pense que ce qu’il abandonne pour Dieu est perdu. Dieu est trop généreux pour laisser tomber un serviteur qui sacrifie pour Lui. La compensation peut tarder ou prendre une forme inattendue, mais elle viendra, car Dieu ne manque jamais à Sa promesse.

Faites de ce monde un champ pour l’au-delà, et consacrez toutes vos actions à Dieu.

  • Dans ton commerce, vise le licite et la suffisance.
  • Dans ton travail, vise l’honnêteté et le service des autres.
  • Dans l’éducation de tes enfants, vise la formation d’une génération vertueuse.
  • Dans tes dépenses pour ta famille, vise la charité.
  • Car lorsque l’intention est sincère, les habitudes deviennent des actes d’adoration.
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